Saint-Louis & le château de Versailles

Deux symboles de l’art de vivre à la Française
Depuis 250 ans le château de Versailles et les cristalleries Saint-Louis cisèlent autour de La Table une amitié cristalline : tous deux ont contribué à l’excellence artisanale et au rayonnement de la France.
Façonné sur près de quatre siècles, le château de Versailles est le symbole même de l’art de vivre à la Française, le fruit du goût royal et du savoir-faire des manufactures de la couronne.
En 1767, Louis XV signe de sa main la lettre patente qui confère à la verrerie le nom de Saint-Louis en référence à Louis IX et lui octroie le titre de manufacture « Royale » ainsi que son blason, une couronne. Ce lien invisible qui unit les deux lieux se renouvelle à travers les époques et les pièces.
Quand Versailles inspire Saint-Louis
La « Galerie des rois » s’inscrit dans la frise historique qui lie le château et la manufacture. Conçu en 1834, le service de table « Trianon » lance la mode des belles tables. Son vase emblématique, « Versailles », créé en 1921, doit sa silhouette aux potiches des jardins du château.
Plus tard, en 1936, le Président de la République, Albert Lebrun, reçoit à déjeuner le roi George VI d’Angleterre et son épouse Elizabeth à Versailles pour célébrer le courage des soldats de la Première Guerre mondiale, les Tommies. Le banquet met en scène 2 200 verres du service Saint-Louis « Tommy », soit 11 pièces par convive. En 2008, une réplique de ce repas historique a été organisée au château.
« Galerie des Rois », couronnes de Cristal
En 2019, le château de Versailles et Saint-Louis poursuivent l’aventure avec le coffret « La Galerie des rois » : quatre cents ans, quatre Rois, quatre styles décoratifs pour quatre gobelets. Patrick Neu, responsable de la création pour Saint-Louis, en a imaginé les frises.
Tout en délicatesse, en légèreté, son travail s’est concentré sur les matériaux et les savoir-faire traditionnels qu’il aime à détourner. L’artiste souhaitait rester contemporain en gardant, à partir de l’ornementation très riche du château, des lignes épurées. Il ne s’agissait pas de restituer une illustration du château de Versailles, mais plutôt de solliciter l’imagination au-delà des nombreuses idées reçues à son sujet. Il a fallu ensuite les adapter à la matière particulière qu’est le cristal, à un outillage et à des savoir-faire qui présentent de fortes contraintes.
Ces quatre gobelets de cristal font honneur aux décors de Versailles comme aux savoir-faire extraordinaires des Cristalleries.
Saint-Louis : 430 ans en cristal
Depuis le 16e siècle, c'est sous la grande halle de cette manufacture nichée au cœur des Vosges, dans l'atelier du verre chaud, que commence la valse savante des hommes autour de la matière furieuse, officiant tel un corps de ballet aux gestes sûrs et longuement répétés. Le plus puissant des souffleurs, le visage rougi par les flammes, façonne la masse de cristal. Tout près, un autre tient la canne à souffler, il tord, il creuse, il étire la masse épaisse en une fine torsade avant de glisser le cristal brûlant dans un moule où il se fige instantanément.
Après avoir subi l’épreuve du feu, la pièce en cristal est alors séparée de la canne du souffleur par une goutte d’eau. Elle peut alors quitter la grande halle pour rejoindre l’atelier du froid…
Un savoir-faire extraordinaire
… L'artisan peut alors aborder la taille et l'aspect décoratif de pièces exceptionnelles. Sous ses doigts experts, s'esquisse peu à peu le dessin du motif de taille à réaliser. Son geste doit être sûr, son coup d'œil parfait. 
De la taille côte plate à la taille diamant emblématique, le travail du maître tailleur est avant tout celui d’un décorateur. Le froid est un métier d’art et d’excellence dont les gestes sont affinés, raffinés, sans cesse perfectionnés – de 30 à 35 interventions sont nécessaires pour un verre gravé et décoré à l’or fin 24 carats.
Un exigeant contrôle est présent tout au long du processus de fabrication. Les pièces sont examinées et choisies, sous l’œil avisé des « choisisseuses ».
Après ce choix minutieux, Saint-Louis peut apposer sa signature.